L’US Navy produit du kérosène avec de l’eau de mer

2014-04-11T09:14:40+00:00

La nouvelle a fait sensation outre-Atlantique. Le Naval Research Laboratory (NRL), lié à l’US Navy, a annoncé le 7 avril avoir réussi à faire voler un avion télécommandé avec du carburant fabriqué à base d’eau de mer. « Nous avons développé une vraie technologie de rupture pour extraire simultanément le CO2 et l’hydrogène de l’eau de mer », s’est félicité le Dr Heather Willauer, chimiste à la NRL.

Viser l’industrialisation

Le CO2 -dont la concentration est 140 fois plus importante dans l’océan que dans l’air- et l’hydrogène sont capturés par un processus d’électrolyse et ensuite liquéfiés et transformés en hydrocarbures. Ce carburant a sensiblement la même apparence et la même odeur qu’un kérosène conventionnel, assure Heather Willauer. Surtout, le grand avantage, selon le vice-amiral Cullom, est qu’il est directement utilisable dans les moteurs de navires et d’avions actuels. Pas besoin donc de mettre au point de nouveaux moteurs.

La production de ce carburant ne s’effectue pour l’instant qu’en petites quantités en laboratoire. L’unité de production, dont les divers éléments sont disponibles dans le commerce, est installée sur une palette d’environ 1,5 mètre de côté. Pour passer à une quantité industrielle, il suffira de multiplier les unités de production. Mais avant cela, en partenariat avec plusieurs universités, le laboratoire veut améliorer encore la quantité de CO2 et d’hydrogène capturés. « Nous avons démontré la faisabilité, nous voulons améliorer l’efficacité », explique Heather Willauer. La transformation d’eau de mer en kérosène pourrait coûter à terme entre 3 et 6 dollars par gallon (3,8 litres), espère le NRL.

Objectif dépendance zéro

Cette annonce a créé beaucoup d’espoirs, notamment pour l’US Navy qui a soutenu ces recherches pour s’affranchir de sa dépendance aux combustibles fossiles. La chaîne logistique de l’approvisionnement en carburant est souvent vu comme un maillon faible dans l’armée. Seuls les porte-avions sont en effet dotés d’une propulsion nucléaire. Tous les autres navires doivent fréquemment abandonner leur mission pendant quelques heures pour naviguer en parallèle avec le pétrolier le temps de faire le plein, une opération délicate, surtout par gros temps. Les enjeux sont donc grands mais les chercheurs préviennent qu’il faudra encore compter dix ans au moins avant que les navires américains puissent produire à bord leur propre carburant.

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