Montebourg : « Ce n’est pas plié »

2014-05-05T14:03:59+00:00

Une heure avant le conseil des ministres, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a fait un détour par le Palais Bourbon pour informer la commission des Affaires Economiques de l’avancement du dossier Alstom. Avec le ton volontariste qui lui est cher, le ministre a justifié l’intervention du Président au nom de la « défense de la souveraineté de l’Etat » et de ses intérêts, en termes d’emplois et de centres de décisions notamment. La question de la nationalisation partielle est quant à elle « à l’étude ».

Coopération oui ! Absorption non !

(c) MRP

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Arnaud Montebourg a obtenu ce qu’il voulait en premier, c’est-à-dire gagner du temps. Le ministre a répété n’avoir appris les négociations entre les deux groupes que dans la presse et ce, malgré « des rencontres fréquentes » avec les intéressés les mois précédents. De fait, le premier objectif était de retarder la signature de l’accord pour, au mieux, trouver une autre solution; au pire, faire monter les enchères grâce à Siemens. Même si dans un aveu assez surprenant, Arnaud Montebourg a admis marquée sa préférence pour l’Américain, il lance : « Une coopération oui, une absorption non ! ». En clair, le ministre souhaite que les deux groupes établissent une joint-venture à l’image de celle entre GE et Safran « qui a fabriqué depuis 50 ans plus de 25 000 moteurs d’avion », se félicite-t-il. Une solution qu’est prêt à étudier l’Américain pour la branche Transports mais pas pour l’Energie.

Le conglomérat a préféré donner en gages en termes d’emplois. Dans une lettre adressée à François Hollande par Jeffrey Immelt, et lue par le ministre, il promet d’installer « les sièges mondiaux des activités grid (réseaux), hydro, éolien offshore et turbines vapeur ». Les activités où Alstom est leader soit dit en passant… GE a également assuré le chef de l’Etat que les engagements en termes d’investissements et d’emplois liés aux projets d’éolien offshore notamment seraient tenus. Une promesse qui n’a pas rassuré les députés de Saône-et-Loire présents dans la salle et rappelant certains engagements non tenus de l’Américain.

La question de la nationalisation partielle n’a été clairement soulevée que par un seule députée : Delphine Batho, ancienne ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie. Arnaud Montebourg, qui a rencontré les syndicats d’Alstom la veille, a expliqué que cette solution « était à l’étude », sans plus de précision. Le conseil d’administration du groupe (encore) français s’est résolu sous la pression du gouvernement à créer un comité ad hoc chargé d’étudier toutes les alternatives. Il rendra son rapport fin mai, explique-t-il dans un communiqué.

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