Moscou ne voit pas le sens

2013-10-18T12:11:24+00:00

« Nous avons beaucoup de gaz naturel, une production à échelle industrielle de gaz de schiste n’a donc pas de sens », a déclaré Alexandre Novak, ministre russe de l’Energie, lors d’une visite en Corée du Sud. Le ministre répond ainsi, au moins provisoirement, aux questions qui se multipliaient dans le pays sur l’opportunité d’exploiter les gisements non-conventionnels. Une annonce qui tranche avec celle du président Vladimir Poutine, qui avait affirmé en avril que le pays n’avait « pas tourné le dos » au gaz de schiste, relevant que, selon des experts, la Russie présente « d’importantes perspectives » en la matière.

La bulle venue du nord

Le gaz de schiste est vu avec circonspection de l’autre côté de l’Oural. Gazprom ne cesse de répéter qu’il ne croit pas au potentiel de cette ressource et qualifie le phénomène en Amérique du Nord de « bulle ». Mais alors que la Russie cherche à augmenter sa production de pétrole (des projets d’huile de schiste sont d’ailleurs étudiés), elle dispose de capacités de production suffisantes en gaz pour répondre à une demande à la peine depuis la crise de 2008-2009. Le pays voit d’ailleurs d’un mauvais oeil les velléités américaines en Asie, dopées par l’explosion de la production de gaz de schiste.

Quoiqu’il en soit, cette annonce n’augure rien de bon pour les groupes qui espéraient voir la Russie entrer dans le club des producteurs de shale gas. En revanche, les recherches d’huiles de schiste seraient toujours d’actualité. Une bonne nouvelle, entre autres, pour Total qui s’est récemment positionné dans ce domaine.

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