Norvège : verdissement très relatif du fonds souverain

2014-04-09T10:23:43+00:00

La Norvège, premier producteur européen de pétrole, a confirmé le 4 avril sa volonté de « verdir » son fonds souverain, le plus richement doté au monde avec 622 milliards d’euros, mais très progressivement. Cette décision, qui avait été évoquée en février dernier, vise à réduire l’exposition du fonds sur les actifs fossiles pour répartir les risques. En effet, si les cours du bruts venaient un jour à chuter, la Norvège en subirait les conséquences à double titre : chute des revenus pétroliers et de la valeur du fonds.

0,9% pour l’environnement

La Banque de Norvège, chargée de la gestion du fonds, est aujourd’hui autorisée à investir entre 20 et 30 milliards de couronnes dans des actifs bénéfiques à l’environnement. Cette part pourra être quasi doublée pour atteindre entre 30 et 50 milliards de couronnes, a annoncé la ministre des Finances, Siv Jensen. La proposition reste cependant très éloignée des attentes des défenseurs de l’environnement qui avaient pris au pied de la lettre l’annonce du début d’année. Parmi eux, Arild Hermstad, le président de l’ONG « Le futur entre nos mains », a fait valoir que 31,4 milliards de couronnes étaient déjà investis dans des actifs ayant trait à l’environnement et que l’augmentation annoncée était donc moindre.

Dans un livre blanc consacré au sujet, d’autres propositions ont attiré l’attention. Notamment, l’extension des prorogatives accordées à la Banque de Norvège, déjà responsable de la gestion du fonds. Cette dernière pourrait notamment décider elle-même des entreprises exclues de son univers d’investissement alors que c’est le ministère des Finances qui décide aujourd’hui d’une telle exclusion sur recommandation d’un conseil éthique indépendant, la Banque de Norvège n’ayant d’autre choix que de s’exécuter, rappelle l’AFP. Il n’est toutefois pas évident que cette proposition soit adoptée au Parlement, où le gouvernement est minoritaire, plusieurs partis ayant rappelé leur attachement au conseil éthique indépendant, dont la ministre prône la suppression.

Les règles en vigueur interdisent au fonds d’être investi dans les groupes coupables de violation des droits de l’Homme, dans ceux fabriquant des armes « particulièrement inhumaines » (mine antipersonnelle) ou encore produisant du tabac notamment. Une grosse soixantaine d’entreprises en ont fait les frais, parmi lesquelles EADS, Boeing, Safran, Philip Morris ou encore Wal-Mart. Dans son rapport annuel de 2013 (que le lecteur trouvera ici) le conseil d’éthique a mis sur surveillance pour une durée de quatre ans deux compagnies pétrolières (Eni et Royal Dutch Shell) pour leurs responsabilités dans les dommages environnementaux issus de l’exploitation du Golfe du Niger.

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