Nouveau couac sur le chantier de l’EPR

2013-09-09T09:08:25+00:00

Dans un article du Canard Enchaîné daté du 4 septembre intitulé « Sur le chantier de l’EPR, une vanne qui ne fait pas rire », on peut apprendre qu’une vanne a été montée à l’envers sur le réacteur EPR en construction à Flamanville, mettant à l’arrêt une partie du chantier. L’information a été confirmée à l’AFP le lendemain par Simon Huffeteau, directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de Caen :« Ce qui devait être à gauche était à droite et ce qui devait être à droite était à gauche », a-t-il expliqué.

Absence de personne compétente

Dans la note transmise le 2 juillet au régulateur du nucléaire, et que l’hebdomadaire satirique s’est procuré, Areva explique qu’une première analyse globale met en évidence les défaillances suivantes : « Pas de présence de personne compétente en tuyauterie. Pas de connaissance de l’existence de différences de diamètres entre les orifices. Maintien de la vanne dans sa position de stockage ». La position du moteur était de fait erronée.

Cette vanne, « un équipement qui fait environ deux mètres de long sur un petit mètre de large en terme d’encombrement général » se trouve sur un circuit « de sauvegarde qui est utilisé en situation accidentelle par exemple », a précisé Simon Huffeteau. L’ASN a demandé à Areva d’arrêter d’autres activités de montage d’équipements similaires, jusqu’à ce qu’un point satisfaisant sur leur organisation en général lui soit fourni. « Nous avons dit à Areva : «Vous avez déclaré une vanne montée à l’envers. Vous allez la remettre dans le bon sens, très bien, mais nous ça ne nous suffit pas. Ce qu’on veut, c’est une analyse qui soit globale sur l’organisation plus générale», avant de donner tout feu vert à la reprise », conclue le directeur régional de l’ASN.

Tête de série

Mis à part les activités de montages de tuyauteries, le reste du chantier suit son cours. Mais cet incident fait suite à une série de malfaçons qui ont considérablement allongé la durée de construction (4 ans de retard) et la facture du chantier (8,5 milliards d’euros au lieu de 3,3 milliards). Le béton de Bouygues a été ainsi retoqué par l’ASN pour son insuffisante qualité pour l’industrie nucléaire, puis, ce sont les consoles de contrôle-commandes qui ont fait l’objet de sévères critiques. Face à ses détracteurs, Henri Proglio, pdg d’EDF a rappelé cet été lors de la pose du dôme que l’EPR est une tête de série et que cela faisait des années que la France n’avait pas construit de centrale nucléaire.

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