Nouveau report pour Keystone XL

2014-04-25T11:53:48+00:00

L’administration américaine a prolongé le 18 avril la période de consultations de l’oléoduc Keystone XL, reportant de facto une probable décision finale. Pour justifier sa décision, le département d’Etat a invoqué un litige devant la justice de l’Etat du Nebraska que doit traverser un tronçon de l’oléoduc. Barack Obama est accusé par les Républicains de jouer la montre sur ce projet politiquement explosif avant les élections législatives de novembre prochain.

Recours

En février, un juge du Nebraska avait annulé une partie du tracé approuvé en 2013, laissant à la Cour Suprême de l’Etat le soin de trancher la décision. « Nous n’avons pas d’avis sur l’affaire au Nebraska (mais) cela pourrait d’une certaine manière conduire à confirmer ou à modifier le tracé actuel de l’oléoduc, un tracé au coeur de notre analyse environnementale pour ce projet », a explicité un diplomate américain à l’AFP. Mais force est de constater que ce recours tombe à point nommé pour Barack Obama qui n’a pour l’instant pas besoin d’opposer son veto à un projet qu’il désapprouve.

Proposé en 2008, l’oléoduc doit servir à acheminer du pétrole issu des sables bitumineux de la province d’Alberta, dans l’ouest canadien, vers les raffineries américaines du golfe du Mexique, au Texas. La portion sud, entre le Nebraska et le Texas, fonctionne déjà mais c’est la liaison entre ce tronçon et le Canada qui soulève la contestation d’associations écologistes. La longueur proposée fait quelque 1 900 km, dont 1 400 km aux Etats-Unis. L’infrastructure est particulièrement importante pour le Canada qui éprouve toutes les peines du monde à transporter les importants volumes d’hydrocarbures extraits. Le réseau d’oléoducs étant saturé, c’est le transport ferroviaire qui a pris le relais. Selon l’association canadienne des chemins de fer, quelque 140 000 wagons-citernes auraient circuler en 2013 contre 500 en 2009… Un transfert modal qui n’est pas sans risque comme la rappelé la catastrophe de Lac-Mégantic en juillet 2013. C’est pourquoi le gouvernement canadien presse son homologue américain à accélérer Keystone XL, jusqu’ici sans succès.

 

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