Pays-Bas : Réduction de la production de gaz pour cause de séismes

2014-01-22T10:52:17+00:00

La production de gaz naturel des Pays-Bas sera réduite de 20% en raison de tremblements de terre à répétition. C’est le ministre des Affaires Economiques, Henk Kamp, qui l’a annoncé le 17 janvier lors d’une conférence de presse chaotique à Loppersum, interrompue à plusieurs reprises par des manifestants. Ces derniers ont notamment frappé la vitre de la salle où se tenait la conférence de presse, criant des slogans pour l’arrêt total de la production de gaz, avant d’être éloignés par la police, rapporte l’AFP.

Secousses à répétition

Cette décision a été prise en raison du mécontentement grandissant de la population locale, persuadée de la corrélation entre l’exploitation du gaz naturel et l’activité sismique. Elle est passée de 110 secousses dans les années 90 à 500 entre 2000 et 2013 tandis que la production doublait pendant la même période. Généralement d’une assez faible magnitude, elles sont néanmoins très proches de la surface, donc très fortement ressenties par les habitants de la région. Ceux-ci avaient récemment manifesté à plusieurs reprises, exigeant une forte diminution de la production ainsi que de meilleures compensations.

La production de ces cinq puits aux alentours du village de Loppersum (11 000 habitants) sera réduite à 80% sur les trois prochaines années : « nous passerons de 15 milliards de mètres cubes à 3 milliards de mètre cubes par an », a indiqué le ministre. La production annuelle moyenne liée à ce gisement du nord des Pays-Bas, le plus grand gisement de gaz naturel dans l’Union européenne, est de 50 milliards de mètres cubes et sera donc ramenée à 40 milliards de mètres cubes en 2016. Ces puits ne seront pas fermés car « en cas de besoin urgent, il faut pouvoir produire du gaz rapidement », a également affirmé Henk Kamp.

Manque à gagner

La production de gaz naturel qui rapporte en moyenne 13 milliards d’euros par an à l’État néerlandais (dont 10 milliards de la production du gisement de la province de Groningue) est important pour la balance des comptes néerlandais. En 2011, les revenus du gaz avaient participé à hauteur de 8% dans les revenus de l’État. Selon le ministre, le manque à gagner pour l’État néerlandais, qui veut économiser 6 milliards d’euros dans l’année pour ramener le déficit du pays sous la limite européenne, serait de 700 millions d’euros en 2014 et 2015 et d’un milliard d’euros en 2016.

L’État néerlandais va de plus participer au financement d’un fonds de compensation et de « restauration de la qualité de vie » de la région, à hauteur de 144 millions d’euros par an sur 5 ans. D’un total de 1,2 milliard d’euros, le fonds est également financé par la NAM, société mixte des géants de l’énergie Shell et Exxon, qui gère la production de gaz.

Partager