Petroplus : La CGT conteste la vente

2014-07-08T09:51:18+00:00

La CGT a contesté jeudi, devant la cour d’appel de Rouen, la légalité de la vente au groupement Bolloré-Valgo du site de l’ex-raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime). Le syndicat estime que l’offre de la société suisse Terrae International n’a pas été prise au sérieux, tandis que le Liquidateur Judiciaire met en garde contre le risque que le site devienne une friche industrielle.

Site « bradé »

Pour le compte de l’ex section CGT de Petroplus, de l’association Hope (anciens salariés), de la fédération CGT de la chimie et de la société suisse Terrae International, l’avocat Maître Eric Baudeu a fait valoir que le site avait été « bradé pour un prix extrêmement bas » de 3,6 millions d’euros alors que des offres concurrentes étaient plus élevées. L’avocat a déploré le fait que « les élus de la région et le gouvernement ne veuillent plus de la raffinerie », dénonçant un « choix économico-politique », rapporte l’AFP. Il a demandé une vente par adjudication plutôt que la vente de gré à gré qui a été validée par le juge-commissaire du tribunal de commerce sur proposition du Liquidateur Judiciaire, Me Béatrice Pascuale.

L’avocat de la CGT a vanté l’offre de 10 millions d’euros de la société suisse Terrae international, dont le directeur Nicolas Jéquier était présent à l’audience. Cette société récente propose du raffinage à façon (tolling) pour le compte de sociétés pétrolières africaines (Nigeria, Angola, Ghana) qui fourniraient le brut, lequel leur serait restitué raffiné, moyennant une commission. Mais Me Camille Percheron, représentant la Liquidatrice, a d’abord plaidé l’irrecevabilité de l’appel des différentes parties, s’étonnant aussi de l’absence du nouveau propriétaire, le groupe Valgo. L’avocate a critiqué également avec virulence Terrae, estimant qu’elle « tournoie autour du dossier comme un moustique », sans faire d’offre sérieuse. « Cela fait deux ans qu’elle nous balade », a-t-elle affirmé. Estimant impossible une vente par adjudication d’un site Seveso, Me Percheron a enfin prévenu la cour que si la vente à Valgo était annulée, l’ex-raffinerie deviendrait une « friche industrielle livrée aux vandales », puisque la trésorerie finançant le gardiennage du site a été épuisée.

La décision de la cour d’appel sera rendue le 10 septembre, ce qui retardera de facto le début de la mise en place du projet de dépollution du site du groupe Valgo, propriétaire du site depuis le 19 juin, ainsi que le stockage d’hydrocarbures de Bolloré. La raffinerie Petroplus comptait 449 salariés avant sa mise en liquidation en octobre 2012. Son activité avait été prolongée jusqu’en avril 2013.

 

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