Pour Royal, la loi est loin d’être finalisée

2014-04-08T11:12:37+00:00

Moins d’une semaine après sa nomination au ministère de l’Ecologie, du Développement durable, et de l’Energie, Ségolène Royal a multiplié les sorties médiatiques. Dernier en date : dimanche 6 avril chez nos confrères du Grand-Jury RTL-LCI. La ministre y a abordé les nombreux dossiers en cours, au premier rang desquels la loi sur la transition énergétique dont la ministre estime qu’il reste « énormément de sujets à arbitrer avant que le texte puisse être présenté ».

Prête en juin ?

(c) Arnaud Bouissou/MEDDE

(c) Arnaud Bouissou/MEDDE

Cette déclaration tranche quelque peu avec l’optimisme de son prédécesseur, Philippe Martin, qui estimait quant à lui que la loi était presque prête. « Il y a des questions sur la formulation des échéances et sur les dispositifs à mettre en place dans le cadre de l’obligation de rénovation thermique des bâtiments pour que les propriétaires qui n’en ont pas les moyens n’aient pas à avancer les fonds », a expliqué Ségolène Royal. Et de rappeler qu’avant de passer par le Parlement, le texte devra être visé par le Conseil supérieur de l’énergie et le Conseil d’Etat. « Je vais tout faire pour que la loi soit présenté en juin », a affirmé la ministre.

Le boulet Ecotaxe

L’écotaxe est le premier sujet sur lequel s’est exprimée l’ancienne présidente de la région Poitou-Charentes. Si elle ne conteste pas son principe (pollueur/payeur), elle estime néanmoins qu’en période de crise, elle sera assimilée à un impôt supplémentaire ce qui n’est pas souhaitable : « l’Ecologie doit être une solution, pas une punition », a-t-elle affirmé. De fait, la ministre dit attendre d’ici deux semaines le rapport du président de la Commission parlementaire du Développement durable, Jean-Paul Chanteguet, sur le sujet. L’idée ne serait pas d’enterrer la taxe, mais de l’introduire à prélèvement constant, c’est à dire en baissant les charges des entreprises.

Gaz de schiste

Attendue sur le dossier des gaz de schiste, Ségolène Royal a rappelé fidèlement la position du président de la République estimant « qu’en l’état actuel des techniques, c’est non ! ». Mais de laisser ouverte la porte à la recherche : « On ne doit jamais fermer des perspectives de recherche. Si les techniques évoluent, on en reparlera ». Mais la ministre n’a pas caché son peu d’entrain pour une énergie « qui reste fossile, donc qui n’entre pas dans notre modèle de civilisation » qui prévoit leur abandon progressif. Interrogée sur l’impact sur la compétitivité que leur exploitation entraîne, elle estime que sur l’exemple américain, « on en dit beaucoup plus que la réalité ».

Nucléaire

Sur le nucléaire, Ségolène Royal a refusé d’entrer sur le débat des fermetures de sites et de savoir lesquels. Pour la locataire de l’Hôtel de Roquelaure, la question de l’arrêt des réacteurs ne peut être posée qu’à condition que les énergies renouvelables soient en mesure de prendre le relais. « La priorité, ce sont les énergies renouvelables », a-t-elle insisté. La ministre a par ailleurs confirmé le calendrier présidentiel qui promet la fermeture de la centrale de Fessenheim fin 2016.

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