Poutine : « Je ne veux pas restaurer l’Empire »

2014-05-28T10:51:12+00:00

Le président russe Vladimir Poutine a profité de la tribune qui lui était offerte le week-end dernier au forum économique de Saint-Pétersbourg pour faire passer des messages aux Occidentaux. Intransigeant sur le fond de l’affaire de Crimée, mais visiblement soucieux de détendre les relations avec ses partenaires européens, le chef du Kremlin a assuré ne pas avoir de visée expansionniste et a mis en garde contre la volonté d’isoler son pays. Une tentative selon lui « impossible » à réaliser.

Pas de nouvelle URSS

Forum économique de Saint-Pétersbourg 2014 (c) Ria Novosti

Forum économique de Saint-Pétersbourg 2014 (c) Ria Novosti

Interrogé sur les craintes d’expansionnisme territorial, Vladimir Poutine a balayé les accusations d’un revers de main : « On essaie de nous accrocher cette étiquette selon laquelle nous avons l’intention de restaurer l’empire, l’Union soviétique, de tout soumettre à notre influence. C’est absolument faux », répète à l’envie le président russe. Quant aux risques de sanctions additionnelles, il s’est montré serein. Des sanctions économiques sérieuses « seraient négatives pour tous, elles peuvent amener les économies européenne, russe et mondiale à de telles turbulences qu’il est clair que personne n’y a intérêt. Je pense qu’isoler un tel pays est une question qui porte un caractère éphémère. C’est impossible », a-t-il assuré à l’auditoire. Alors qu’au début de la crise ukrainienne, sa participation aux cérémonies de commémoration du Débarquement était mise en doute, il s’est dit prêt à s’y rendre et à avoir des entretiens bilatéraux avec ses homologues occidentaux en marge des manifestations du 6 juin en Normandie. « Y aura-t-il des entretiens? D’après ce que j’ai compris, le président français souhaiterait avoir une telle rencontre séparément. (…) Je le rencontrerai avec plaisir, pour parler des questions qui présentent un intérêt mutuel », rapporte l’AFP. « Je n’ai pas l’intention de fuir, je discuterai avec plaisir avec chacun de mes collègues », a-t-il conclu.

Pluie de contrats

L’Industrie n’a pas paru trop effrayé par les tensions diplomatiques entre la Russie et ses partenaires occidentaux. Le forum économique de Saint-Pétersbourg a ainsi été l’occasion pour Gazprom de signer de nombreux accord avec Total, Eni, Comita, Lukoïl, Shell, Schlumberger, GDF Suez, etc. Total, à travers le consortium international Yamal LNG, a ainsi signé un contrat avec Gazprom pour la livraison vers l’Asie du gaz naturel issu du projet. Le contrat prévoit la livraison par Yamal LNG à Gazprom d’un volume de gaz naturel liquéfié (GNL) pouvant atteindre jusqu’à 3 millions de tonnes par an sur 20 ans. Le gaz sera ensuite transféré par Gazprom vers un point de transit en Europe occidentale avant d’être livré vers la région Asie-Pacifique, principalement vers l’Inde.

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