Quel avenir pour Carling ?

2013-09-03T10:36:18+00:00

Total organise mercredi un Comité central d’entreprise (CCE) concernant la plateforme pétrochimique de Carling (Moselle), et notamment l’avenir de son dernier vapocraqueur encore en activité. L’ordre du jour du CCE porte sur la « présentation des orientations stratégiques de la branche raffinage-chimie » du groupe et une « information/consultation sur un projet d’avenir pour la plateforme de Carling », rapporte l’AFP. Un comité qui a suscité des inquiétudes suite à l’annonce de Christophe de Margerie, pdg de Total, lors de l’université du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines) qu’il « sera amené » à faire de nouvelles restructurations en France, sans toutefois évoquer de projet ou de calendrier précis.

100 millions de pertes

Pour Aldo Scalzo, délégué CGT de Carling, si le « projet d’avenir » pourrait porter sur le renforcement de l’activité polymères du site, il impliquerait en revanche la fermeture du vapocraqueur n°1, le dernier depuis la fermeture du n°2 début 2009. Soit la fin de la chimie de base à Carling. Or « un site sans chimie de base (…), c’est un site qui sera viable à court terme » seulement, selon le syndicaliste. Par ailleurs, toujours selon la CGT, l’arrêt du vapocraqueur fragiliserait l’approvisionnement en propylène du groupe de chimie Arkema, également présent sur le site, et celui en éthylène de l’usine d’Ineos à Sarralbe (Moselle), à une trentaine de kilomètres de Carling.

Pour Total, l’un des défauts majeurs du vapocraqueur de Carling est qu’il fonctionne à base de naphta pétrolier, devenu trop cher. Depuis une explosion accidentelle en 2009 qui a fait deux morts, il tourne par ailleurs en sous-capacité et a fait perdre environ 100 millions d’euros au groupe l’an dernier. Une perte de « 120 à 130 millions d’euros » est annoncée pour cette année, selon Aldo Scalzo. Pour le sauvegarder la CGT suggère d’utiliser à la place du gaz de houille, emprisonné dans les anciennes mines de charbon de Lorraine. Mais cela exigerait d’injecter « 3 milliards de dollars » pour exploiter une réserve dont l’ampleur fait débat et pour un retour sur investissement encore incertain.

Syndicats désunis

Au niveau social, le groupe s’est engagé à ne pas recourir aux licenciements secs et aux mutations forcées, lors d’une première consultation avec les syndicats de Carling mi-juillet. Total souhaiterait réduire les emplois sur le site à 350, contre 550 actuellement. La CFDT, le syndicat majoritaire à Carling, a pour sa part déjà tourné la page du vapocraqueur, préférant « s’inscrire dans un réalisme économique », selon son représentant principal sur le site, Geoffrey Caillon. « Aujourd’hui ce qu’on veut c’est avoir des garanties sur le volet social et les investissements pérennes » promis par Total, explique-t-il. « On sait qu’on ne va pas sauver la totalité des 350 emplois qui risquent d’être supprimés dans ce projet industriel, mais on peut imaginer qu’on limiterait la casse », selon lui. « Attendons de voir ce que l’on nous propose », ajoute-t-il, balayant la piste du gaz de charbon prônée par la CGT : « Ne donnons pas de faux espoirs aux salariés ».

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