Raffinage : « la restructuration va se poursuivre », estime l’UFIP

2015-03-11T13:10:52+00:00

TOTAL Gonfreville 49223Dans un contexte de surcapacités, de concurrence internationale accrue et de contraintes réglementaires, « la restructuration du raffinage en France et en Europe va se poursuivre », a estimé Francis Duseux, le président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP). Ainsi, « entre 20 et 30 raffineries sur les 79 actuellement en activité dans l’Union européenne devraient fermer à l’horizon 2035-2040 ».

S’exprimant lors de la présentation du bilan annuel de l’industrie pétrolière française, Francis Duseux, a indiqué que si la capacité de raffinage dans l’UE avait baissée de 11 % entre janvier 2007 et janvier 2015 (du fait de la fermeture de 22 raffineries), le taux d’utilisation de ces installations avait chuté à 79 % en 2013, alors qu’il était de 87 % dix ans plus tôt. Ce niveau « n’est pas bon », a commenté le président de l’UFIP. « Une bonne raffinerie ça tourne à 90 %, voire plus ».

Pour ce qui est de la marge brute, celle-ci s’est établie à 22 euros la tonne en 2014, et à 20 euros la tonne en moyenne entre 2009 et 2013, « alors que le point d’équilibre est de 30 euros la tonne », a rappelé Francis Duseux. Conséquence : le secteur du raffinage a perdu 700 millions d’euros par an entre 2009 et 2013, sauf en 2012 où le taux de marge avait atteint 34 euros la tonne. En France la capacité de raffinage s’établit en 2014 à 69,3 millions de tonnes par an, avec 8 raffineries, pour un taux d’utilisation dans la moyenne européenne.

L’une des principales raisons à cette situation est la baisse de la demande de produits pétroliers en Europe, qui a chuté de 15 % en six années, passant de 709 millions de tonnes en 2007 à 604 millions de tonnes en 2013. Autre élément déterminant : la concurrence accrue d’autres zones géographiques comme l’Inde et le Moyen-Orient, qui ont développé des capacités de raffinage « ultra-compétitives », et les Etats-Unis qui bénéficient de la production des hydrocarbures de schiste.

Francis Duseux a également mis en cause la réglementation  européenne « extrêmement pénalisante », tout particulièrement en France « où l’on bat des records de contraintes ». Au-delà du coût du carbone (ETS, pour Emissions Trading System), la Directive émissions industrielles (IED) va représenter des investissements additionnels de 20 à 50 millions d’euros par raffinerie à l’horizon 2018. « Certaines compagnies ne feront pas ces investissements », prévient le président de l’UFIP et ancien dirigeant du groupe ExxonMobil en Europe. De nouvelles fermetures de sites seront alors inévitables.

Image : Total

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