Raffinage : Total convertit La Mède aux biocarburants

2015-04-21T11:01:53+00:00

TOTAL La Mède 38126Afin de « restaurer durablement la compétitivité » de son site de La Mède (Bouches-du-Rhône), Total va investir 200 millions d’euros pour y créer la première bio-raffinerie française. Le groupe y maintiendra cependant « les synergies avec la pétrochimie tout en développant des activités porteuses ».

A la fin de l’année 2016, le site de La Mède, qui accuse selon les dirigeants de Total une perte de 150 millions par an depuis 5 ans, cessera le traitement de pétrole brut. Après la transformation de certaines de ses unités, le site produira 500 000 t/an de biodiesel, grâce au raffinage d’huiles usagées et d’huiles végétales.

Pour cela, le groupe a choisi « une nouvelle technologie française fournie par Axen’s (filiale du groupe IFP Energies nouvelles, NDLR) qui permet de produire un biodiesel (HVO) de grande qualité qui se mélange parfaitement au diesel, sans aucun impact sur la qualité du carburant ou sur les moteurs, et sans limite d’incorporation », ont précisé les dirigeants de Total lors de la présentation de leur plan pour le raffinage en France.

Cette transformation « s’inscrit ainsi dans une dynamique d’avenir, en phase avec (notre) volonté de prendre une part active au développement des énergies renouvelables, notamment de la biomasse (…) », poursuit le groupe, qui rappelle notamment que l’Union européenne a fixé un objectif de 10 % d’énergie renouvelable dans les transports en 2020.

Par ailleurs, cette évolution de la production du site de La Mède « n’aura pas d’impact sur la pétrochimie locale », a estimé Philippe Sauquet, directeur de la branche raffinage-chimie de Total. Le groupe va maintenir en effet les unités de raffinage (reformeur) pour la production d’hydrogène. Il développera également son activité de jet fuel pour l’aviation civile en visant 30 % du marché européen à partir du site de La Mède.

Le groupe pétrolier a aussi annoncé le développement d’une plateforme de logistique et de stockage (1,3 million de m3 ), « qui contribuera à l’activité du Grand Port de Marseille », la construction d’une ferme solaire photovoltaïque de 8 MW (technologie SunPower, filiale de Total) et d’un atelier de production d’AdBlue (additif pour les moteurs diesel), et enfin, la création d’Oléum Sud, une école de formation orientée notamment vers les métiers de l’E&P.

Pour ce qui est de l’emploi, Total s’est engagé à maintenir « sans licenciement » 250 postes sur les 430 postes présents aujourd’hui sur le site. Il compte notamment sur « des départs anticipés en retraite, des offres de postes sans mobilité géographique contrainte pour les salariés non-cadres (…) et des mutations de cadres ».

Image : Total-François Lacour (cracking catalytique/La Mède)

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