Robotique : Argonauts vainqueur du Challenge Argos de Total

2017-07-18T11:49:32+00:00

Trois ans après le lancement de l’appel à projets international initié par Total, en partenariat avec l’Agence nationale de la recherche (ANR), c’est l’équipe originaire d’Autriche et d’Allemagne qui a été sélectionnée pour développer le premier robot autonome de surface pour l’oil & gas.

(Note : cet article a fait l’objet d’une publication dans la revue « Pétrole et Gaz Informations » n° 1848, mai/juin 2017).

Le verdict est tombé le 11 mai dernier lors d’une manifestation officielle dans les locaux parisiens de Total. A l’issue de trois compétitions, organisées entre juin 2015 et mars 2017 sur le site de la Sobegi à Pau (Pyrénées-Atlantiques), c’est donc une équipe venue tout à la fois d’Autriche et d’Allemagne qui a remporté le Challenge Argos (Autonomous Robot for Gas and Oil Sites). Lancé en décembre 2013 par le groupe pétrolier et gazier, en partenariat avec l’Agence nationale de la recherche (ANR), ce challenge a pour objectif de développer le premier robot de surface autonome adapté aux sites oil & gas et conforme à la norme ATEX/IECEx*.

Haut de 1,04 m pour un poids de 90 kg, doté de quatre chenilles d’entraînement et d’un bras articulé pouvant atteindre 1,30 m, le prototype lauréat est le fruit du travail de trois partenaires : la société allemande Taurob, spécialiste de la robotique dédiée à des missions d’intervention, et les universités techniques de Vienne (Autriche) et de Darmstadt (Allemagne). « Le robot Argonauts présente le niveau de maturité technologique le plus élevé de la compétition », a commenté Alain Goulois, président du jury du Challenge Argos et directeur de la R&D de Total EP jusqu’en 2014. « Il dispose d’un système très robuste à l’ingénierie aboutie. De plus, le robot a été conçu de manière modulaire et adaptable, permettant ainsi d’intégrer de nouvelles évolutions dans le futur. »

Gérer des situations à risques

Pour déterminer le vainqueur, les cinq équipes en lice – Argonauts, Air-K (Japon), Foxiris (Espagne-Portugal), Lio (Suisse) et Vikings (France) – se sont affrontées sur le site d’une ancienne unité de déshydratation de gaz utilisée aujourd’hui pour des formations à la sécurité. Au fil des rencontres, dont le niveau de difficultés allait croissant, les robots ont du démontrer leurs capacités non seulement à effectuer des tâches de routine mais également à gérer des situations à risques. Les scénarios élaborés par les organisateurs imposaient ainsi différentes actions, par exemple : réaliser des rondes d’inspection de manière autonome en rez-de-chaussée puis en étage, vérifier des points de contrôle, analyser des valeurs (pression sur un manomètre) et alerter les opérateurs en cas de non conformité, ou encore détecter des anomalies (fuite de gaz simulée) et transmettre données et images en temps réel.

Un test sur site dès cette année

Lors de la dernière épreuve, qui comptait pour 75 % de la note finale, les machines ont été soumises à six missions reproduisant des scénarios de « situations opérationnelles réalistes ». Et pour pousser les prototypes dans leurs retranchements et éprouver systèmes informatiques et capteurs, des « anomalies » et des « incidents » venaient perturber le déroulement des missions. Par exemple, chaque robot devait détecter toute « présence » dans un rayon de 2 mètres autour de lui et s’arrêter pour laisser passer l’opérateur. De la même manière, il devait se rendre de manière autonome dans sa station d’accueil pour recharger ses batteries lorsque le niveau d’énergie était bas.

Si la certification Atex, obtenue en amont de la 3e compétition, a été l’un des points forts d’Argonauts, les membres du jury du Challenge ont également salué son algorithme de localisation/relocalisation « qui atteint une précision au centimètre près », son simulateur 3D « très puissant et fiable », et sa simplicité d’utilisation (interface homme-machine, passage en mode autonome ou télé-opéré très rapide). «  Nous allons tester le robot vainqueur sur l’un de nos sites industriels avant la fin de cette année », précise Daniel Plathey, directeur de la R&D de Total EP, ajoutant que « l’appropriation du changement est un point important de cette démarche et nous avons créé en interne une réelle envie d’avancer sur ce sujet. Au-delà de la technologie, nous avons aussi appris de nouvelles façons de faire de la recherche. »

*être suffisamment résistant pour fonctionner en atmosphère potentiellement explosive.

Image : Equipe Argonauts (Total/Benjamin Valette)

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