Russie/Chine : Le contrat géant de fourniture de gaz signé

2014-05-26T16:08:15+00:00

Cela faisait des années que les deux parties ne parvenaient pas à se mettre d’accord. Mercredi 21 mai 2014, Vladimir Poutine et Xi Jinping sont parvenus à lever les obstacles à l’un des accords de fourniture de gaz naturel les plus importants de l’Histoire. Ce dernier prévoit la fourniture par gazoduc de gaz naturel jusqu’à 38 milliards de mètres cube par an à partir de 2018. Un partenariat dont la portée symbolique va bien au-delà du simple échange commercial, alors que les relations entre la Russie et l’Union européenne sont au plus mal.

Marché de rêve

Alexeï Miller (Gazprom) aux côtés de Zhou Jiping (CNPC) avec en fonds Vladimir Poutine heureux (c) Gazprom

Alexeï Miller (Gazprom) aux côtés de Zhou Jiping (CNPC) avec en fond Vladimir Poutine, heureux (c) Gazprom

La Chine, premier consommateur d’énergie au monde, est un client de rêve pour la Russie qui souhaite depuis des années s’affranchir de sa dépendance financière envers les exportations européennes. « Nous avons consacré beaucoup de temps et d’efforts à la signature de ce contrat (…) qui sera bénéfique pour les deux parties (et) a été signé à des conditions économiquement bénéfiques à la partie russe et à Gazprom », a assuré Alexeï Miller, pdg de Gazprom, à la télévision russe. De son côté, la China National Petroleum Corporation (CNPC) s’est félicité de ce « nouvel accomplissement majeur dans la coopération énergétique stratégique » entre les deux pays, rapporte l’AFP. Avec quelque 53 milliards de m3 de gaz importés en 2013, l’Empire du Milieu a des besoins énergétiques en constante augmentation. L’accord-cadre de 2009 prévoyait ainsi que les volumes fournis par le voisin russe puissent s’élever à terme jusqu’à 70 milliards de m3. Si la pertinence d’un tel accord n’a jamais été remise en cause par les parties, les négociations avaient jusqu’ici achoppé pour des raisons de prix (encore !). Finalement, Gazprom aurait accepté un prix de l’ordre de 350 $/1 000 m3, selon les médias russes.

Tracé des gazoducs (c) Gazprom

Tracé des gazoducs (c) Gazprom

Si la signature de cet accord a pris de nombreuses années, les observateurs avertis du dossier prédisaient que cette rencontre pourrait être la bonne. En effet, grâce à cet accord, Vladimir Poutine conforte sa stratégie orientale qui consiste à trouver de nouveaux débouchés et se libérer de la dépendance financière envers l’Europe. Une volonté qui s’est renforcée avec l’arrivée soudaine d’un nouvel acteur de poids sur le marché gazier : les Etats-Unis. Le pays de l’oncle Sam n’a en effet pas caché son intérêt pour exporter du GNL vers l’Asie et la Chine en particulier. Nul doute que Pékin a su jouer également cette carte lors des négociations sur les prix…

Partager