St Pétersbourg : Accords à la chaîne

2013-06-25T12:26:31+00:00

Le Forum économique de Saint-Pétersbourg qui se tenait vendredi dernier a été un franc succès pour la Russie qui a multiplié les accords de coopération. Le premier d’entre eux a été signé entre Rosneft et le chinois CNPC en présence de Vladimir Poutine. Il prévoit de répondre aux besoins croissants de l’Empire du Milieu, en lui fournissant quelque 365 millions de tonnes de pétrole sur les 25 prochaines années. Le contrat est évalué à 270 milliards de dollars.

Vers une extension du Nord Stream

Gazprom et GDF Suez ont signé à cette occasion « un document dans lequel les deux entreprises s’engagent à coopérer en vue d’explorer les possibilités d’une extension du gazoduc Nord Stream », selon un communiqué commun. Gazprom est majoritaire dans le projet (51%), aux côtés des Allemands Wintershall et E.ON (15,5% chacun), ainsi que le néerlandais Gasunie et GDF Suez avec 9% chacun. Par ailleurs, Henri Proglio, pdg d’EDF,  a signé avec son homologue Alexeï Miller un accord pour placer la compagnie russe « dans le peloton de tête de nos fournisseurs gaziers », a confié une source chez EDF aux Echos. Jusqu’à présent, dans le cadre des précédents contrats, le groupe utilisait 2 milliards de mètres cube par an de Gazprom, contre 4 de Libye et 6 du Qatar, sur un total annuel de quelque 20 milliards de mètres cubes couverts par ces contrats, mais aussi des achats spot.

Rosneft suractif

De son côté, Rosneft a profité de l’occasion pour officialiser de nouvelles avancées dans des partenariats déjà existants. Avec ExxonMobil d’abord, avec qui la groupe russe va approfondir l’accord de coopération stratégique de 2011. Des entreprises mixtes vont être créées pour des projets en Mer de Kara (avec la joint-venture Karmorneftegaz) et en Mer Noire (via Tuapsemorneftegaz). Rosneft, qui détient les licences, sera actionnaire à hauteur de 66,67 %, contre 33,33 % pour ExxonMobil. Le coût initial d’exploration des deux zones est estimé à plus de 3,2 milliards de dollars, dont l’essentiel sera financé par ExxonMobil. La récolte de données se poursuivra en 2013, les premiers forages étant prévus pour 2014. Le même modèle de joint-venture sera appliqué à 7 autres licences dans l’Arctique russe, en Mer de Tchouktches, de Laptev et de Kara. Ces blocs, intégrés à l’accord stratégique en février dernier, feront l’objet d’études sismiques 2D et 3D et de 14 puits d’exploration. Enfin, une société mixte sera montée pour mener un projet pilote d’exploitation de pétrole de réservoir compact en Sibérie occidentale. La répartition du capital se fera en faveur de Rosneft (51/49%).

Par ailleurs, Rosneft s’est engagé auprès de Statoil pour l’exploration des licences place pour explorer les actifs offshore. Les licences de Kashevarovsky, Lisyansky et Magadan-1 en Mer d’Okhotsk, au Nord de l’île de Sakhaline, et celle de Perseevsky en Mer de Barents  Ces licences prévoient le forage de six puits d’exploration entre  2016 et 2021. L’accord prévoit que les frais d’exploration seront avancés par la compagnie norvégienne puis remboursés par la future production. Les deux groupes se sont également entendus pour étudier la possibilité d’exploiter des huiles de schiste dans la région de Samara (sud-ouest du pays). Statoil, actionnaire à 49% de ce projet pilote, investira 60 millions de dollars.

Enfin, le groupe Novatek a signé un accord avec CNPC pour permettre au Chinois d’entrer à hauteur de 20% dans son projet d’usine de liquéfaction de gaz sur la péninsule de Iamal, en Arctique russe, dont Total est déjà partenaire. Le groupe chinois s’engage à acheter sur le long terme trois millions de mètres cubes de GNL par an. La capacité totale de l’usine selon les prévisions sera de 16,5 millions de tonnes par an. Ce contrat nécessite d’amender la législation russe, qui accorde à Gazprom le monopole des exportations de gaz. Mais le gouvernement s’est dit prêt à une libéralisation pour le GNL, selon l’AFP.

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