Total : « aucun site industriel » fermé en France, des réductions de 30 % dans les dépenses d’exploration

2015-02-17T12:04:13+00:00

Total Anvers / Ed Alcock / MYOP Diffusion« Nous ne fermerons aucun site industriel en France et tous les employés de Total resteront des employés de Total », a déclaré dans un entretien paru le 30 janvier dans le quotidien Le Monde, Patrick Pouyanné, le directeur général du groupe pétrolier français.« Voilà les deux engagements que j’ai pris et nous annoncerons des décisions au printemps prochain », a-t-il ajouté. Pour adapter le groupe au nouveau contexte du secteur, marqué par la baisse des prix du pétrole, le dirigeant a également annoncé une réduction des investissements de 10 % en 2015 et celle des dépenses d’exploration de 30 %.

Dans la perspective donnée par Christophe de Margerie, en août dernier, le directeur général du géant pétrolier (depuis le mois d’octobre 2014), a indiqué que la réorganisation de l’activité raffinage du groupe en France n’entraînera la fermeture d’aucun site industriel. « En France, deux de nos raffineries perdent de l’argent, dont l’une très fortement », a commenté Patrick Pouyanné (photo). « Nous réfléchissons à la transformation des activités pour avoir des sites durables. Et pour qu’ils soient durables, il faut qu’ils soient rentables ».

Soulignant que sa « responsabilité, c’est de donner un avenir aux salariés, qui sont inquiets (…) », le dg du groupe a indiqué « qu’il fallait aussi se préoccuper de l’impact de nos décisions sur les PME qui nous entourent ». C’est pourquoi, « il faut se donner du temps pour dialoguer, former les salariés à leurs nouveaux métiers, investir ». Une méthode qui a porté ses fruits à Carling (Moselle), où le groupe a investi 180 millions d’euros pour développer une activité de production de résines d’hydrocarbures. « Aujourd’hui, sans le vapocraqueur, Carling dégage un bénéfice », a indiqué Patrick Pouyanné.

Abaisser le point mort

Concernant l’impact financier de la chute des prix du pétrole, « une baisse de 10 dollars du prix du baril sur l’année, ce sont 2 milliards de dollars (1,75 million d’euros) de cash-flow disponibles en moins. Avec un baril à 50 dollars au lieu de 100, on perd donc 10 milliards de dollars sur un an. Il faut en tenir compte », a expliqué le dirigeant, précisant qu’il avait pour objectif de réduire de 40 dollars par baril le point mort de son groupe. « Il faut réagir, surtout ne pas surréagir, et s’adapter à la situation à court terme sans perdre de vue le moyen et le long terme ».

Total « saura traverser sans difficulté cette période de basses eaux, en contrôlant ses investissements et en réduisant ses coûts », a ajouté Patrick Pouyanné. Ainsi, après être passé de 28 milliards de dollars en 2013 à 26 milliards de dollars en 2014, ces investissements seront encore réduits de 10 % en 2015. Quant aux dépenses d’exploration, qui s’élevaient à 2,8 milliards de dollars par an, au cours des deux dernières années, « nous allons les réduire de 30 % en 2015 », a indiqué le dg du groupe.

Renégocier les contrats

Autre mesure « de redressement » annoncée : la baisse des coûts opérationnels sera amplifiée et portée à 1,2 milliard de dollars cette année. « Une partie des économies viendra aussi de la renégociation des contrats avec nos fournisseurs, car quand le pétrole baisse, le prix de services et des équipements baissent », a commenté Patrick Pouyanné, ajoutant qu’aux Etats-Unis, le coût des appareils de forage avait reculé de 25 % en un mois. Enfin, Total va accélérer la vente d’actifs dans le cadre de son plan de cession de 10 milliards de dollars sur 2015-2017.

Pour ce qui est des projets, si le groupe ne modifie pas sa stratégie dans le GNL (gaz naturel liquéfié), les investissements dans les champs matures, « dont le déclin a été plus fort que prévu et sur lesquels le temps de retour sur investissement s’allonge », seront revus. Dans le même esprit, les investissements sur les gaz de schiste américains, « gourmands en capitaux, mais dont l’exploitation peut reprendre rapidement en cas de remontée des prix », seront freinés.

Enfin, commentant pour notre confrère une possible consolidation de la filière pétrolière, Patrick Pouyanné a estimé qu’aux « Etats-Unis, en particulier des compagnies de petite taille, certaines très endettées, risquent de souffrir faute de financement ».

 

 

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