Venezuela : Troubles et désinformations

2014-02-26T10:06:58+00:00

Le Venezuela, première réserve de pétrole d’Amérique du sud, est le théâtre depuis deux semaines d’importants troubles risquant de conduire tout droit à la guerre civile. Les mouvements pro-gouvernement et d’opposition manifestent chaque jour les uns après les autres pour réclamer « la paix ». Or, sur le terrain les manifestations présentent déjà un lourd bilan avec la mort d’une douzaine de manifestants selon la presse sud-américaine. Des informations à prendre avec précaution tant la confusion règne dans le pays et la désinformation, d’un côté comme de l’autre, étant devenue la norme. Par des moyens détournés, le président Nicolas Maduro, a muselé les journaux d’opposition qui se retrouvent sans papier à imprimer, le web devenant le seul exutoire d’une société plus que jamais divisée entre pro et anti chavistes.

PDVSA mise à contribution

(c) AFP

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Dans cette situation pour le moins confuse, le gouvernement a une fois de plus fait appel à PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, pour assoir son pouvoir. Des centaines de salariés du groupe ont manifesté lundi pour réclamer la fin des violences. PDVSA est constamment sollicitée par le pouvoir vénézuélien pour financer un nombre incalculable de projets sans rapport avec les hydrocarbures. Un moyen de redistribuer la manne pétrolière au peuple qui a mué l’entreprise en un groupe pétrolier, de BTP, d’action social, etc. Des sollicitations qui ont considérablement affaibli la capacité d’investissement de l’entreprise dans ses gisements pétroliers.

Déclenchée par la tentative de viol d’une étudiante sur le campus à San Cristobal, la mobilisation a peu à peu dérivé des revendications sur l’insécurité vers la critique plus générale de la situation du pays, touché par une inflation record (50% selon des sources sud-américaines) et des pénuries récurrentes de biens de base tels que le papier toilette, ainsi que des appels à libérer les manifestants interpellés ou des dénonciations contre la censure des médias.

Jusqu’à présent, ce sont les représentants les plus radicaux de l’opposition, parmi lesquels le fondateur du parti Voluntad Popular (droite), Leopoldo Lopez, placé en détention provisoire pour sa responsabilité dans l’organisation d’une manifestation violente le 12 février, qui occupaient le terrain politique, prônant la pression dans la rue pour faire chuter le gouvernement. Le gouverneur et ancien candidat à l’élection présidentielle,  Henrique Capriles, a lui aussi appelé à manifester samedi à Caracas contre « les groupes paramilitaires » et la violence.

Nicolas Maduro, qui a succédé de justesse en avril 2013 à Hugo Chavez, éprouve toutes les peines du monde à poursuivre l’oeuvre de son mentor, et ce, malgré des tentatives évidentes de mimétisme dans la manière de s’exprimer et d’agir. Le président du Venezuela a fermement nié l’existence de milices dans son camp, et a en revanche évoqué le recrutement de « mercenaires » par une opposition « putschiste ». Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Venezuela a apporté 3,25 millions de barils jours au marché mondial en 2013.

 

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