Vers une prolongation du parc nucléaire

2013-10-16T10:11:19+00:00

Le président de la République, François Hollande, aurait d’ores et déjà acté la prolongation du parc nucléaire français, annonce le Journal du Dimanche dans son édition du 13 octobre. Selon l’hebdomadaire, « le gouvernement cherche juste le bon timing politique » pour l’annoncer officiellement. Le conseil de politique nucléaire prévu pour le 15 novembre pourrait être l’occasion de rendre publique une décision qui ne serait pas une très grande surprise.

No comment

Le sujet est sensible pour l’exécutif soucieux de ménager ses relations avec ses partenaires écologistes, et ce, avant un rendez-vous électoral (les municipales) de tous les dangers pour la majorité au pouvoir. De fait la communication sur le sujet est proche de zéro. EDF s’est refusé, comme à son habitude, à tout commentaire. Le ministère de l’Ecologie a quant à lui enfoncé une porte ouverte estimant qu’« il n’y a qu’une seule personne qui pilote ce dossier au gouvernement, et c’est le ministre de l’écologie Philippe Martin ». Et pourtant, la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires de l’Hexagone a toujours été la piste privilégiée même dans une optique de réduction de la part de l’atome dans le mix électrique. Une piste confirmée en filigranes par le Premier ministre récemment.

Echanges de bons procédés

« Nous mobiliserons également une partie des gains financiers perçus sur le parc nucléaire existant. Pendant toute la durée de vie restante de nos centrales, et tout en assurant une sécurité maximale, notre parc nucléaire sera mis à contribution, sans rupture d’approvisionnement » affirmait Jean-Marc Ayrault lors de la deuxième conférence environnementale. Une phrase qui a laissé perplexe certains observateurs qui y ont vu le feu vert à la prolongation du parc. En effet, pour qu’il y ait gain financier, il faut qu’il y ait une rente, donc une activité au-delà de la période d’amortissement de 40 ans qu’EDF a souhaité reculer à 50 ans fin septembre. Dès lors, la thèse d’un financement de la transition énergétique par la prolongation du parc nucléaire paraissait de plus en plus crédible.

Réactions

« C’est une grande victoire pour le lobby nucléaire et la preuve que le candidat Hollande n’a jamais cru à ses promesses de réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité. Cette décision met en évidence le mensonge politique d’un pouvoir qui, de réunions en conférences environnementales, a abusé ses partenaires qui croyaient naïvement à sa sincérité (…) Inutile pour les écologistes d’attendre la loi sur la transition énergétique pour tirer les conclusions de cette farce de mauvais goût », s’est insurgé Noël Mamère, député écologiste, qui a pris ses distances avec EELV suite à la deuxième conférence environnementale.

Interrogée sur Europe 1 dimanche à ce sujet, l’ancienne présidente d’Areva, Anne Lauvergeon, a estimé que « donner du temps aux centrales nucléaires, cela va dans le bon sens, mais en s’assurant qu’elles sont à un niveau de sûreté qui leur permet d’avancer ». « C’est à l’ASN de le dire », a-t-elle ajouté, tout en soulignant que les centrales nucléaires françaises « sont un investissement qui a été fait historiquement ».

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